Cultivez l’infidélité... à vous-même. Nous avons beaucoup de croyances, et même quelques certitudes à propos de nous-mêmes : j’aime cette couleur, celle-ci ne me ressemble pas, je ne suis pas du genre à dessiner des cœurs, et le noir me fait peur, c’est trop négatif. Sans parler de notre environnement, familial et culturel : il y a ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. Ou n’a pas le droit de s’exprimer. Le blanc sera couleur de deuil au Japon, le serpent symbole d’énergie vitale ou de perversité,... Les cimetières sont joyeux au Mexique à la Toussaint, beaucoup plus tristes chez nous,... La mort, le sang, la nudité, la violence, le sexe,... autant de réalités très cadrées culturellement, et différemment d’une culture à l’autre...
Dans nos rêves, lorsque nous acceptons de nous en souvenir, nous franchissons quelques-unes de ces frontières du « politiquement correct ». Nous les rencontrons aussi lorsque nous peignons de façon intuitive. Parce que ce sont des sujets de vie.
Ces croyances, personnelles, familiales ou culturelles sont des limitations à notre liberté d’expression : il est temps de leur être infidèle, infidèle à l’idée que mon petit moi, un peu étriqué, se fait de lui-même. Être infidèle, c’est accueillir tout le vivant... et ça se passe le pinceau à la main. Tranquillement, à mon rythme, j’explore de nouveaux territoires très privés de mon imaginaire.

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